Le Musée d’Histoire de Saint-Malo

LA grosse déception de mes vacances bretonnes, assurément.

Dans ma courte vie de Rat de Musée, j’ai eu l’occasion d’écumer un certain nombre de lieux culturels, en France ou à l’étranger. J’ai vu des musées extraordinaires, fun, ludiques, didactiques, bizarres, terrifiants ou… carrément assommants. Celui-ci, malheureusement, appartient à la dernière catégorie.

 La critique n’est pas mon fort ; je pars toujours du principe que certains éléments de contexte m’échappent nécessairement, et que je n’ai pas à condamner sans connaître.

Le musée d’Histoire est en pleine réfection, et ceci explique peut-être cela ; il y a cependant de gros faux-pas, non seulement en termes de muséographie mais aussi et surtout en termes de médiation.

Le Musée d’Histoire de Saint-Malo est situé dans un très beau monument historique, le château de la Duchesse Anne, flanqué des deux tours visitables : la Tour Générale et le Grand Donjon. Le reste des collections du musée est présenté à Saint-Servan, une petite ville à proximité, dans la Tour Solidor ; malheureusement, j’ai manqué de temps pour visiter cette dernière.

Dans le décor unique du château de Saint-Malo, les objets sont entassés comme au hasard, sans aucune cohérence dans la présentation. Des panneaux et des vitrines, à moitié dissimulés dans les salles derrière des coffrages de bois, prennent la poussière en attendant une éventuelle relocalisation.

Les collections sont forcément axées sur la vie maritime : objets de navigation, marines, maquettes, se côtoient. Certaines pièces sont très intéressantes, comme les pistolets de Robert Surcouf, les nécessaires à rapiécer les voiles conservés dans des cornes de boeuf, ou encore les fers utilisés pour la traite des esclaves noirs.

Dans le Donjon, ce sont des objets de la vie courante du 18ème et 19ème siècle qui sont présentés ; j’ai repéré de très beaux coffres cloutés, et un étonnant lit clos de la fin du 18ème.

J’ai aussi eu la surprise de tomber sur un magnifique Paul Signac exposé au beau milieu d’un alignement de peintures sans aucun intérêt.

L’œil du Rat :

Une muséographie inexistante, avec des cartels soit très lacunaires, soit inutilement bavards. Et quels cartels! Il faut clairement être initié pour comprendre une phrase telle que : « Noter, sous le mât de beaupré : une civadière. »

Je passe sur les fautes d’orthographe, les coquilles diverses, et l’utilisation de pas moins de cinq polices différentes pour des textes de même type. Bien sûr, ce musée souffre comme tant d’autres d’un problème de financement, mais le manque de subsides ne justifie pas tout!

Inutile de préciser qu’il n’y a aucune médiation, que ce soit pour enfants ou pour adultes : ni parcours thématiques, ni aides à la visite, que ce soit sous forme de livrets, de fiches explicatives ou d’autres supports.

Le + du Rat :

Les visiteurs ont la possibilité de monter tout en haut du Donjon, pour admirer la vue imprenable sur la ville. Le panorama ne suffit pas à rattraper la visite décevante, mais c’est mieux que rien!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s