L’Ecomusée Picarvie : en avant les souvenirs!

Rien de tel qu’un week-end en bord de mer pour se ressourcer avant une rentrée qui promet d’être chargée!

A Saint-Valery-sur-Somme, en plein cœur de la baie picarde, le Rat a parcouru les ruelles de la vieille ville, où chaque façade raconte des histoires de pêche aux harengs, de baptême de rafiot à grand renfort de piquette et de gâteau battu, de météo peu clémente et de calmes soirées à contempler l’eau mouvante… Au détour de la cité médiévale, dans le cachot de la Porte de Nevers, il est même tombé sous le charme d’une petite céramique qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau (je vous laisse juger…)

Après tant de belles découvertes, ne manquait que la visite d’un musée! La façade blanche de l’écomusée Picarvie se détachait justement au milieu des belles demeures bourgeoises du centre-ville. Ni une, ni deux, le Rat a poussé la porte de ce musée de 500 m2, véritable reconstitution d’un village picard typique de la fin du 19ème siècle.

La boutique, tout en longueur, accueille le visiteur dès l’entrée : l’occasion de faire l’emplette des spécialités de la baie (salicornes, pâté picard ou « œufs de mouette ») ou des inévitables peluches en forme de phoques.

La visite du village débute ensuite, sous forme d’un parcours circulaire qui aborde les commerces-types, du serrurier au menuisier en passant par le charron, l’école ou le bistrot. Au fil des ruelles pavées, ce sont des pans entiers d’une époque et d’un pays qui se dévoilent! Le Rat, qui tend toujours l’oreille durant ses visites, a saisi quelques commentaires émus de visiteurs se remémorant les maisons de leurs grands-parents ou les commerces de leur village natal. Les musées de société et les écomusées suscitent fréquemment ce genre de réactions, le public étant particulièrement friand de reconstitutions historiques et de dioramas, qui projettent une histoire « en action » et permettent de découvrir les objets dans leur contexte d’utilisation courante. L’absence de vitrines et de dispositifs de sécurité renforce le côté immersif et presque familier, de fait, de l’expérience.

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L’œil du Rat :

Les échoppes sont reconstituées avec un grand luxe de détail. Comme au musée de la Vie Bourguignonne, à Dijon, les éléments de certaines boutiques proviennent de fonds de commerce acquis par l’établissement ou cédés par leur propriétaire. On y retrouve des objets rares ou insolites, comme cette immense chaussure chez le cordonnier ou l’enseigne du café, « O 20 100 O » (à lire à haute voix). L’entreprise était de taille (6000 outils ont été rassemblés!), et l’illusion est plutôt bonne. L’ambiance sonore en particulier est très réussie, présente sans être oppressante.

En termes de médiation écrite et d’aide à la visite, le Rat est un peu plus mitigé… Il y a clairement deux « voix » dans le parcours : d’abord, des fiches descriptives sous forme de longs cartels, qui sont apposées aux endroits stratégiques. Claires, didactiques sans excès, elles présentent les points essentiels sous forme de paragraphes bien aérés, avec une ou deux illustrations, un titre traduit en picard, et un petit point « Le saviez-vous? ». Plus de première jeunesse, mais suffisamment efficace. En revanche, des feuillets blancs s’imposent parfois au regard : punaisés n’importe où, mal orthographiés, couverts de taches voire carrément tapés à la machine ou écrits à la main…on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi ces antiques cartels, témoins sans doute des premiers temps du musée (ouvert en 1990) ont été conservés. Nostalgie de l’ouverture? Respect pour le fondateur?

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Il n’y a pas non plus de médiation à destination des enfants ni des personnes en situation de handicap, pas plus que de guide de visite décrivant les pièces traversées…

Dans l’ensemble, je pense que le musée intéresse pour son côté « grande brocante » et ses reconstitutions un peu vieillottes mais attachantes. En revanche, il n’y a pas, derrière, le travail scientifique et pédagogique auquel on serait en droit de s’attendre : le musée de la Vie Bourguignonne Perrin de Puycousin de Dijon en est à cet égard un exemple fort réussi, puisqu’il tient le pari de faire vivre ses collections par le biais d’animations et d’expositions temporaires, mais également de les étudier et de les documenter au mieux.

Le + du Rat :

Au sein du parcours, j’ai beaucoup apprécié la vidéo sur la préparation du lin, dans laquelle le fondateur du musée présente les objets liés au travail de la plante, en les actionnant directement afin que le spectateur puisse associer chaque outil à une étape du travail. Du champ à l’écoucherie (la grange dédiée à la transformation du lin) en passant par le rouissage (préparation de la fibre par putréfaction des tiges), la présentation est complète, et l’allure du guide, grosse moustache, casquette et accent picard à l’appui ajoute une touche de folklore!

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