Flash-back : Escapade à Mons! (1ère partie)

Mons 2015, capitale européenne de la culture…le Rat s’y est rendu en avril dernier (oui, ça fait un petit bout de temps! ^^ ), et se dit que, tiens! il vous raconterait bien sa visite!

10985664_461844743969461_2575984236013873339_nAprès Marseille en 2013, Riga et Umea en 2014, c’était au tour de la Belgique de recevoir le label de Capitale Européenne de la Culture… Au-delà des inévitables magouilles politiques, il s’agit quand même d’un joli sésame pour promouvoir la richesse et la diversité des patrimoines de la ville choisie : l’exemple de Lille en 2004 a suffi à prouver qu’un peu (beaucoup) de bonne volonté et, inévitablement, de subventions, peuvent opérer des miracles. Mons semble en tout cas engagée sur la bonne voie : je suis régulièrement son actualité sur la page officielle, et je note que les manifestations tiennent le rythme, et que les initiatives sont encore loin de s’essouffler.

Visiter Mons 2015, c’est tout un programme, et ça l’était encore plus lorsque le Rat Prof et moi nous y sommes rendus le week-end du 4 avril, qui coïncidait avec le festival Trolls et Légendes, un événement très prisé des fans du genre.

Pour cette première escapade en Belgique, nous avions soigneusement programmé notre parcours, avec en ligne de mire l’exposition Van Gogh au Borinage, dont la simple perspective aurait suffi à justifier le week-end. Au BAM (musée des Beaux-Arts de Mons), dessins et tableaux de jeunesse rassemblés ouvraient une autre perspective sur l’œuvre de l’immense artiste ; j’y ai découvert le portrait d’un homme peu sûr de son talent, appliqué et touchant comme un élève studieux, reproduisant des gravures découpées dans les revues d’époque, et observant les mineurs de ce pays de dur labeur qu’était à l’époque le bassin minier wallon. Une muséographie simple mais étudiée, quelques outils de médiation intéressants (des dispositifs audio en plusieurs langues, déclenchés par le passage du visiteur sous le casque) et le petit souvenir-gadget qui fait quand même bien plaisir, la photo au milieu des Tournesols, que l’on reçoit par e-mail le lendemain de sa visite…la forme ne le cédait en rien au fond. Une belle exposition, donc, pour explorer les facettes d’un génie obnubilé par une quête de vérité, tiraillé entre ses aspirations religieuses et ses inspirations picturales.

A la fin de la visite, l’installation participative « Range ta chambre » incitait le visiteur à coller quelques pastilles de couleur sur les murs immaculés (plus tellement à ce stade) de la Chambre de Vincent à Arles.

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Petit bonus : dans les jardins de l’Hôtel de Ville, on retrouvait la hutte des Mangeurs de pommes de terre, dans laquelle l’atmosphère fruste de ce maigre dîner chichement éclairé par la lumière vacillante d’une lampe est magnifiquement rendue, grâce à une installation immersive plongeant le spectateur, par un subtil jeu de miroirs, dans l’envers du décor!

Munis du plan de la ville, nous avons ensuite suivi le parcours de quelques-unes des quinze installations urbaines issues de l’imaginaire de jeunes artistes : des Paresseux en peluche suspendus à leurs branches comme des cocons prolongés de deux long bras poilus, aux magnifiques ailes dorées éployées comme pour un envol, en passant bien sûr par la fameuse tour de livres oscillant devant les fenêtres de l’Université…

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Des œuvres pleines de poésie, incitant à la réflexion, comme autant de rencontres au détour d’une placette ou d’un petit parc au cœur de la ville.

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Le Rat de Musée nominé aux Liebster Awards!

Tout nouveau sur la blogosphère, le Rat de Musée a eu la chance d’être nominé par Solenn, du blog Sweets Mix, pour participer aux Liebster Awards!

Liebster-Award

Il s’agit d’un tag un peu particulier, qui permet de valoriser les blogs qui nous tiennent à cœur. Le principe est simple : il s’agit d’abord de révéler 11 choses sur soi, puis de répondre aux 11 questions du blogueur ou de la blogueuse qui nous a nominé(e). Enfin, on sélectionne à nouveau 11 blogs et on leur pose 11 questions de notre choix.

J’avoue avoir un peu hésité avant de me lancer, car mon blog est vraiment à part ; je m’y dévoile le moins possible, pour ne me consacrer qu’à mes sujets de prédilection, à savoir les musées et les lieux culturels! Néanmoins, lorsqu’on intègre un univers, il faut en respecter les codes et la blogosphère, que je découvre chaque jour un peu plus, est justement très codifiée : on s’y inscrit aussi et surtout pour rencontrer d’autres blogueurs/blogueuses et découvrir leurs petits mondes. J’ai donc décidé de me prêter au jeu!

Je remercie Solenn, et vous invite vivement à aller faire un tour dans son univers joliment sucré et gourmand, aux couleurs du Japon!

Que vous confier sur moi?

  1. Quand j’étais petite, je rêvais d’être archéologue sous-marine! Pas assez sportive, j’ai finalement opté pour d’autres études, mais en gardant le patrimoine en ligne de mire.
  2. J’adore les produits de beauté, mais je ne sais jamais comment m’habiller!
  3. J’habite loin de mes parents, et ils me manquent parfois beaucoup…mon frère jumeau aussi, d’ailleurs.
  4. Je suis la reine du bavarois à la framboise et de la mousse au chocolat.
  5. Je mange le moins de viande possible, mais j’adore les épinards et les fromages bien faits.
  6. La lecture est une de mes grandes passions, et j’adore échanger mes livres avec ceux de ma maman, qui a bien souvent les mêmes goûts que moi!
  7. Je viens d’emménager avec le Rat Prof dans une jolie petite maison avec un jardin, qui est pour moi un vrai sas de décompression : ma grande fierté est d’avoir réussi à y faire pousser tomates et courgettes tout l’été!
  8. Je ne suis pas une grande sportive (doux euphémisme), mais j’adore la danse indienne, l’équitation, la boxe…et le badminton, que je viens de débuter, en duo avec le Rat Prof.
  9. Je suis fan de comédies musicales, et j’assume!
  10. J’ai tout le temps froid!!! (pas de chance, je travaille et habite maintenant dans le Nord de l’Aisne…^^)

Voici maintenant les questions posées par Solenn…

  1. Quels sont tes hobbies ? La lecture et le dessin! J’aime aussi écouter de la musique et regarder des films en amoureux. Je ne cite pas les visites de musées, car il s’agit plus pour moi de passion professionnelle que d’un simple hobby… 😉
  2. Comment as-tu choisi le nom de ton blog ? J’en parle dans ma présentation! C’est un hommage à mon grand-père qui me surnommait ainsi…
  3. Quelle(s) langue(s) aimerais-tu parler ? J’adorerais parler couramment japonais et hindi…pour l’instant, je ne sais dire que quelques mots!
  4. Quelle est ta gourmandise préférée ? Il y en a tellement…j’adore les oursons à la guimauve et les souris au caramel (un Rat qui mange des souris, ça fait bizarre, non? ^^)
  5. Si tu étais un animal, lequel serais-tu ? Au risque de surprendre tout le monde, je ne serais pas un rat, mais un écureuil, avec lequel j’ai beaucoup plus de points communs!
  6. Quels sont les trois adjectifs qui te définissent le mieux ? Rêveuse, ambitieuse, gourmande!!
  7. Si tu devais n’emporter qu’une chose avec toi en voyage, ce serait laquelle ? Un carnet (avec son crayon!) pour dessiner et prendre des notes sur le vif.
  8. Si tu devais vivre sur une île, laquelle choisirais-tu ? Malgré mes origines corses, ce serait plutôt l’île grecque de Céphalonie, que je n’ai jamais visité, mais qui me fait rêver…
  9. Dans quel film aurais-tu aimé jouer ? Au risque de me ridiculiser, j’aurais adoré jouer dans une superproduction bollywoodienne!!
  10. Où aimerais-tu passer tes prochaines vacances ? En Nouvelle-Zélande avec mon amoureux!!!
  11. Quel super héros ou super héroïne aimerais-tu être ? Catwoman!

A mon tour maintenant de nominer mes blogueuses (désolée, pour l’instant il n’y a que des filles!^^) préférées, avec de chouettes univers!

Eucalyptus Eater

Transylv’aisne

La sœur de la mariée

Mellow Paw

Les Carnets de Blandine

Visites et Voyages

Make My Utopia

La Valise Caramel

Mélisse a dit

Oh Happy M

Le Poussin Littéraire

Les filles, je vous propose de répondre aux 11 questions que je vous ai mitonnées avec amour…

  1. Que ferais-tu si tu ne faisais pas ce que tu fais actuellement? (ça commence très fort^^)
  2. Quel est ton musée préféré?
  3. Quel est ton DIY chouchou?
  4. Ta saison de prédilection, et la boisson qui l’accompagne?
  5. Qu’est-ce qui t’indigne?
  6. Quelle œuvre d’art te représente le mieux?
  7. Quels seraient tes ingrédients pour une après-midi détente réussie?
  8. Qu’est-ce que tu aimes lire?
  9. Qu’est-ce qui t’apaises?
  10. Si tu étais une couleur, laquelle choisirais-tu?
  11. A quelle ville t’identifies-tu?

J’ai hâte de vous lire!!

Le Louvre…du côté de Lens!

Quand on est amateur d’histoire de l’art, et a fortiori quand on l’a étudiée de longues années…le Louvre, on connaît! La pyramide, le Carrousel, le hall immense toujours bondé, les Noces de Cana, les antiquités égyptiennes, la Victoire de Samothrace qui fait coucou en haut du grand escalier en agitant les moignons d’ailes qui lui restent, et je ne parlerai même pas des hordes de touristes qui encerclent la Joconde protégée derrière sa vitre blindée…

Tout ça, ce sont désormais des classiques pour le Rat, même s’il a toujours plaisir à retourner de temps en temps sur les traces de ses premières amours.

Aujourd’hui, pour changer un peu, je vous propose un détour par le Louvre-Lens, la belle antenne du célèbre musée parisien. Lens, c’est une ville du Nord, typique du bassin minier : des terrils tout autour, de la brique, des fins de mois difficiles, des ciels souvent gris. Et pourtant, ce serait tellement réducteur de s’arrêter là! Le Nord-Pas-de-Calais est une région extrêmement riche, avec plus de 200 musées ; même si tous ne se valent pas, les moyens mis en œuvre y sont importants et concrets, et j’ai bien l’intention de vous le démontrer dans ce blog.

Dans le choix de Lens, c’est l’attrait économique qui a pesé dans la balance : l’autre Louvre, qui a ouvert en 2012, a déjà drainé des centaines de milliers de visiteurs, notamment au travers de ses expositions temporaires. Malheureusement, le Rat s’est rendu à Lens entre deux expos, et n’a pas pu juger du travail de mise en scène que beaucoup trouvent très qualitatif. Ce sera pour une prochaine fois, promis!

Première remarque, dès l’arrivée : c’est beau, et c’est calme, presque trop peut-être. On s’approche de ce vaisseau de verre aux reflets changeants avec une sorte de timidité, mais on y rentre sans presque s’en apercevoir, tant la transition est fluide entre la nature sobre et les murs transparents. A l’intérieur, le hall au sol de béton ciré accueille la cafétéria et la boutique, ainsi qu’un centre de ressources. Tout est lisse, épuré, clair et lumineux sans être aveuglant.

On optera tout de suite pour le sous-sol, afin de découvrir les fameuses Coulisses dont on a tant parlé dans les médias. Je dois avouer que j’ai adoré ce préambule, notamment les grands écrans tactiles, les plateformes regorgeant d’informations (super vidéos explicatives, excellente utilisation des nouvelles technologies) et surtout l’espace de découverte des réserves. Depuis notre poste d’observation légèrement en surplomb, derrière de grandes parois vitrées, nous avons ainsi pu assister au dépoussiérage d’une momie de crocodile du Nil…il y a de quoi se sentir privilégiés!

On émerge ensuite de ce cocon si douillet pour un Rat de Musée comme moi…et on part découvrir la Galerie du Temps. L’enjeu ici va être d’exposer, dans une immense salle tout en longueur, des pièces significatives, voire majeures, de l’histoire de l’art. La présentation est chronologique, et vise avant tout à faire « dialoguer les œuvres entre elles ». Pari réussi pour certaines périodes, même si pour d’autres, les analogies sont moins évidentes.

L’œil du Rat :

Ce qui frappe d’abord, ce sont les dimensions de la salle : il y a tellement d’œuvres…et tellement peu de cloisons! Tout est supposé acquérir du sens sous le regard et au fil de la promenade du visiteur ; les partitions sont donc purement contextuelles, et n’existent que si on les visualise. On se balade au milieu des statues, et, sans gêne, on tutoie les chefs d’œuvre…les contraintes muséales qui s’estompent (peu de vitrines, pas de barrières, des socles à hauteur) offrent une liberté inespérée, d’autant plus que les cartels eux aussi se font discrets et permettent de prendre un peu de distance. La déambulation est ainsi, dans un premier temps, totalement esthétique. Quand on s’intéresse aux contenus, toutefois, ils se révèlent clairs et cohérents ; l’audioguide à disposition à l’accueil du musée permet d’approfondir, mais il est loin d’être nécessaire pour une première visite, à mon sens.

J’appréhendais un peu le passage d’une aire culturelle et d’une époque à une autre, j’avais peur de me perdre dans ce fouillis…mais finalement, l’enchaînement est fluide et le rythme de visite n’est pas aussi heurté qu’on aurait pu le craindre.

Côté médiation, une chouette innovation à signaler, avec les « Impromptus » : des œuvres signalées par de petits macarons sont commentées à des heures précises par des guides-animateurs, pendant une dizaine de minutes en moyenne.

Enfin, le Rat s’est fait petite souris pour se mêler à un groupe d’enfants guidé par une jeune médiatrice ; autour du thème de la représentation humaine dans l’histoire de l’art, sujet pourtant un peu épineux, les petits ont pu se familiariser avec un Égyptien hautain, un Enfant-Jésus tout potelé et souriant et une Gisante impassible, le tout en quelques minutes, appuyé par des anecdotes et des croquis.

Enfants comme adultes circulent avec aisance au milieu des collections, ce qui est vraiment très appréciable : finie la crainte de s’exprimer ou de s’approcher trop près des œuvres, terminés les « Ne pas toucher » ultra-dissuasifs…ouf, il était temps!

Après les magnifiques découvertes de la Galerie du Temps, il nous reste à cheminer dans le Pavillon de Verre, qui accueille trois très beaux espaces d’expositions temporaires, sous forme de « bulles ».

Le + du Rat :

Dans la Galerie du Temps, les belles œuvres sont légion. Il faut donc avoir au minimum deux heures devant soi pour s’arrêter un peu devant chacune. Ne pas manquer les revêtements muraux iraniens, et les autres témoignages de l’artisanat islamique, ce sont de pures merveilles.

En sortant, savourez donc un chocolat ou un café bien chaud en parcourant les allées du parc…et n’oubliez pas de vous retourner une dernière fois pour saisir, dans les parois de verre, le reflet des rayons du soleil déclinant.

L’écomusée d’Alsace : au pays des cigognes.

Le Rat apprécie tout particulièrement les écomusées, ces univers recréés qui permettent au simple spectateur de se muer en acteur ; on y retrouve un peu de la démarche didactique et pédagogique du musée « traditionnel », mais le côté ludique prime en général, grâce aux activités et aux démonstrations qui jalonnent le parcours. L’écomusée d’Alsace est un véritable modèle dans ce domaine, même s’il pèche un peu dans d’autres…

Ouvert en 1984 à Ungersheim, l’écomusée d’Alsace est implanté sur un espace de plusieurs hectares, et regroupe à l’heure actuelle 70 structures ; il s’agit de la reconstitution d’un village alsacien typique, avec des noms de rue correspondant aux activités pratiquées dans ce secteur ; ainsi la place des Charpentiers ou la place des Artisans, les deux centres névralgiques du village,. Les maisons paysannes, typiques de l’Alsace du début du XXe siècle, ont été reconstruites sur le site afin de préserver les traditions architecturales et les coutumes du temps ; certaines maisons conservent par exemple un four à pain, dont la présence se remarque, dès l’extérieur, par un renflement en torchis se détachant du mur. Le projet de l’écomusée remonte à la fin des années 1970, lorsqu’un groupe de jeunes gens a pris l’initiative de restaurer certaines de ces demeures ; cette action bénévole a permis de restaurer pas moins de 25 bâtiments en l’espace de dix ans.

Au sein de l’écomusée d’Alsace à Ungersheim, l’implication des bénévoles est réellement appréciable : vêtus de costumes d’époque, dans une totale appropriation des lieux, certains déjeunent même dans les intérieurs reconstitués, cuisant leur repas dans le four et le servant sur une table usée par les ans. A titre d’exemple, le barbier propose gratuitement ses services aux visiteurs, qui peuvent s’installer dans les fauteuils de 1910, provenant d’un salon de coiffure aujourd’hui fermé. Le Rat Prof est d’ailleurs passé sur le fauteuil, et a beaucoup apprécié l’expérience!

La présence d’animaux, dans les rues du village ou dans les bâtiments, contribue à la recréation d’une atmosphère : le visiteur croise des charrettes tirées par des bœufs ou des chevaux, assiste à la traite de la vache et au nourrissage des cigognes ou des cochons. A proximité des étables, la brise a bel et bien une odeur d’authenticité ! 😉

Les gestes d’autrefois sont reproduits aussi fidèlement que possible, dans une optique pédagogique : les visiteurs peuvent assister toutes les heures à des interventions de bénévoles qui traient la vache, fabriquent du fromage ou font la démonstration de l’attelage des bœufs, imitant l’emploi du temps et les attitudes des paysans alsaciens du début du siècle dernier. Les nombreuses dégustations aux diverses étapes des préparations culinaires, et l’aspect interactif de cet échange avec le médiateur, dans lequel le spectateur peut aussi être incité à reproduire les gestes qui lui ont été montrés, sont vraiment à tester!

L’œil du Rat :

Ce type de médiation par immersion est extrêmement apprécié à l’heure actuelle, parce qu’il correspond aux exigences  actuelles des visiteurs de musée, au premier rang desquelles figurent les expériences sensorielles. Odorat, goût, toucher, sont ainsi constamment sollicités alors que l’on évolue dans le village reconstitué.

Dans les espaces plus spécifiquement voués à une présentation muséographique « classique », cependant, la scénographie est sérieusement à revoir ; les mannequins figés sont plantés comme autant de piquets dans une absence de décor qu’ils semblent les premiers à regretter ; le contenu des panneaux, outre les nombreuses fautes de syntaxe et d’orthographe, manque de lisibilité. Sur certains panneaux, la surcharge du texte que l’on constate n’est évidemment pas adaptée à un public familial. Le contraste est en fait trop brutal entre les animations proposées, dont le caractère ludique est indéniable, et auxquelles on s’adonne avec plaisir comme on profiterait d’une journée à la campagne, et les panneaux explicatifs concentrés dans quelques pièces, qui ramènent brutalement le visiteur à la réalité du projet muséographique.

On peut aussi s’interroger sur la pertinence des illustrations choisies, qui montrent des personnages aux yeux exorbités, à la bouche béante, le tout dans des couleurs criardes ; l’intervention du graphiste créateur de ces personnages s’est cependant, et fort heureusement, limitée à un espace relativement restreint.

Il y a pourtant, dans le projet muséographique, quelques initiatives remarquables : par exemple, la bibliothèque des patois et ses livres de bois, outre son côté esthétique, constitue un support de médiation tout à fait intéressant. De même, les ambiances sonores (on pense à l’échoppe du cordonnier) et les bornes d’information sont des outils appréciables, disponibles en français, en anglais et en allemand.

Le + du Rat :

Il faut prévoir au minimum une journée, et, dans la mesure du possible, essayer un maximum d’activités, encadrées par des bénévoles extrêmement impliqués. L’écomusée organise régulièrement des animations à thème et des journées de découvertes, par exemple pendant la période de Noël.

Quand sonnera l’heure du déjeuner, vous aurez le choix entre craquer pour une douceur à la boulangerie (tout est fait sur place, devant vous), ou vous restaurer à la brasserie ou au restaurant La Taverne (bon rapport qualité prix, copieuses assiettes) ; sur le chemin, vous croiserez sans doute, comme ce fut notre cas, de belles cigognes au plumage de neige, fièrement perchées sur leurs pattes rouges.

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