L’écomusée d’Alsace : au pays des cigognes.

Le Rat apprécie tout particulièrement les écomusées, ces univers recréés qui permettent au simple spectateur de se muer en acteur ; on y retrouve un peu de la démarche didactique et pédagogique du musée « traditionnel », mais le côté ludique prime en général, grâce aux activités et aux démonstrations qui jalonnent le parcours. L’écomusée d’Alsace est un véritable modèle dans ce domaine, même s’il pèche un peu dans d’autres…

Ouvert en 1984 à Ungersheim, l’écomusée d’Alsace est implanté sur un espace de plusieurs hectares, et regroupe à l’heure actuelle 70 structures ; il s’agit de la reconstitution d’un village alsacien typique, avec des noms de rue correspondant aux activités pratiquées dans ce secteur ; ainsi la place des Charpentiers ou la place des Artisans, les deux centres névralgiques du village,. Les maisons paysannes, typiques de l’Alsace du début du XXe siècle, ont été reconstruites sur le site afin de préserver les traditions architecturales et les coutumes du temps ; certaines maisons conservent par exemple un four à pain, dont la présence se remarque, dès l’extérieur, par un renflement en torchis se détachant du mur. Le projet de l’écomusée remonte à la fin des années 1970, lorsqu’un groupe de jeunes gens a pris l’initiative de restaurer certaines de ces demeures ; cette action bénévole a permis de restaurer pas moins de 25 bâtiments en l’espace de dix ans.

Au sein de l’écomusée d’Alsace à Ungersheim, l’implication des bénévoles est réellement appréciable : vêtus de costumes d’époque, dans une totale appropriation des lieux, certains déjeunent même dans les intérieurs reconstitués, cuisant leur repas dans le four et le servant sur une table usée par les ans. A titre d’exemple, le barbier propose gratuitement ses services aux visiteurs, qui peuvent s’installer dans les fauteuils de 1910, provenant d’un salon de coiffure aujourd’hui fermé. Le Rat Prof est d’ailleurs passé sur le fauteuil, et a beaucoup apprécié l’expérience!

La présence d’animaux, dans les rues du village ou dans les bâtiments, contribue à la recréation d’une atmosphère : le visiteur croise des charrettes tirées par des bœufs ou des chevaux, assiste à la traite de la vache et au nourrissage des cigognes ou des cochons. A proximité des étables, la brise a bel et bien une odeur d’authenticité ! 😉

Les gestes d’autrefois sont reproduits aussi fidèlement que possible, dans une optique pédagogique : les visiteurs peuvent assister toutes les heures à des interventions de bénévoles qui traient la vache, fabriquent du fromage ou font la démonstration de l’attelage des bœufs, imitant l’emploi du temps et les attitudes des paysans alsaciens du début du siècle dernier. Les nombreuses dégustations aux diverses étapes des préparations culinaires, et l’aspect interactif de cet échange avec le médiateur, dans lequel le spectateur peut aussi être incité à reproduire les gestes qui lui ont été montrés, sont vraiment à tester!

L’œil du Rat :

Ce type de médiation par immersion est extrêmement apprécié à l’heure actuelle, parce qu’il correspond aux exigences  actuelles des visiteurs de musée, au premier rang desquelles figurent les expériences sensorielles. Odorat, goût, toucher, sont ainsi constamment sollicités alors que l’on évolue dans le village reconstitué.

Dans les espaces plus spécifiquement voués à une présentation muséographique « classique », cependant, la scénographie est sérieusement à revoir ; les mannequins figés sont plantés comme autant de piquets dans une absence de décor qu’ils semblent les premiers à regretter ; le contenu des panneaux, outre les nombreuses fautes de syntaxe et d’orthographe, manque de lisibilité. Sur certains panneaux, la surcharge du texte que l’on constate n’est évidemment pas adaptée à un public familial. Le contraste est en fait trop brutal entre les animations proposées, dont le caractère ludique est indéniable, et auxquelles on s’adonne avec plaisir comme on profiterait d’une journée à la campagne, et les panneaux explicatifs concentrés dans quelques pièces, qui ramènent brutalement le visiteur à la réalité du projet muséographique.

On peut aussi s’interroger sur la pertinence des illustrations choisies, qui montrent des personnages aux yeux exorbités, à la bouche béante, le tout dans des couleurs criardes ; l’intervention du graphiste créateur de ces personnages s’est cependant, et fort heureusement, limitée à un espace relativement restreint.

Il y a pourtant, dans le projet muséographique, quelques initiatives remarquables : par exemple, la bibliothèque des patois et ses livres de bois, outre son côté esthétique, constitue un support de médiation tout à fait intéressant. De même, les ambiances sonores (on pense à l’échoppe du cordonnier) et les bornes d’information sont des outils appréciables, disponibles en français, en anglais et en allemand.

Le + du Rat :

Il faut prévoir au minimum une journée, et, dans la mesure du possible, essayer un maximum d’activités, encadrées par des bénévoles extrêmement impliqués. L’écomusée organise régulièrement des animations à thème et des journées de découvertes, par exemple pendant la période de Noël.

Quand sonnera l’heure du déjeuner, vous aurez le choix entre craquer pour une douceur à la boulangerie (tout est fait sur place, devant vous), ou vous restaurer à la brasserie ou au restaurant La Taverne (bon rapport qualité prix, copieuses assiettes) ; sur le chemin, vous croiserez sans doute, comme ce fut notre cas, de belles cigognes au plumage de neige, fièrement perchées sur leurs pattes rouges.

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