Escapade à Mons! (2ème partie)

(Vous trouverez la première partie de l’article ici)

Après l’exposition Van Gogh et nos pérégrinations en ville, nous avons décidé de visiter la Collégiale Sainte Waudru.

Waudru, c’est le drôle de nom d’une aristocrate mérovingienne qui rentra dans les ordres et développa sa petite église en une grande institution ; canonisée par la vox populi, le chapitre qu’elle a fondé financera la grande cathédrale dont la construction débute en 1450. Il s’agit en fait du quatrième édifice élevé à Mons à cet endroit. Les chanoinesses du chapitre de Sainte Waudru se sont beaucoup impliquées dans le projet de la cathédrale, qui s’inspire d’autres édifices européens.

Châsse des reliques de Sainte Waudru
Châsse des reliques de Sainte Waudru

Collégiale gothique du XVème siècle, la cathédrale est une œuvre imposante, classée au patrimoine majeur de la Wallonie. Le Rat Prof et moi y sommes rentrés sur la pointe des pieds, « juste pour jeter un œil »… nous n’avions pas prévu, cependant, qu’un véritable bureau d’accueil et d’informations serait installé au cœur de l’édifice, ni qu’on y proposerait une médiation sur tablette de très bonne qualité. Quelques euros plus tard, nous étions, tablette en main et casque sur les oreilles, lancés dans un parcours autour de la cathédrale. Au fil de rencontres avec les différents acteurs du projet, des chanoinesses jusqu’au maître d’œuvre en passant par les maçons, de questionnaires en petits jeux d’adresse, de réflexion ou d’observation (recenser les différentes marques des tailleurs de pierre, sortir d’un labyrinthe ou, plus complexe, équilibrer la châsse d’or contenant les reliques de Sainte Waudru), notre visite a duré une bonne heure et demie, et nous en sommes ressortis absolument ravis! Le vrai plus de cette tablette, c’est son programme de géolocalisation, qui permet de repérer tous les détails, et d’adapter le parcours en fonction de la position du visiteur dans la cathédrale. La qualité des cinématiques est excellente, et le côté très ludique, avec interpellation du joueur et quêtes à accomplir, a séduit le Rat Prof, adepte de jeux vidéo à ses heures perdues.

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Au sortir de la cathédrale, nous avons repéré sur le plan un bâtiment au nom énigmatique : l’Artothèque. Il s’agit en réalité d’une chapelle (celle de l’ancien couvent des Ursulines), convertie en un espace de conservation des œuvres de la ville. Le concept est très intéressant, puisqu’il s’agit d’un centre spécifiquement conçu pour la préservation des collections montoises qui ne sont pas montrées par ailleurs : on les y stocke, les y restaure, les y documente, et le cas échéant, les y rend accessibles au public.

11149809_461847197302549_7941344258878295396_oLors de notre passage, des médiateurs assuraient la visite de cet endroit singulier (et pas encore achevé, puisqu’élaboré grâce aux subventions européennes), sur un principe plutôt sympa : transformer le public en œuvres d’art et leur faire découvrir le parcours d’une pièce de musée, au fil des étapes de l’entrée à l’Artothèque. Ni une, ni deux, voici le Rat de Musée et le Rat Prof catalogués « Sculptures », et estampillés « Fragile ». Un gros autocollant blanc et rouge au revers du manteau, nous constatons que nos voisins ne sont pas mieux lotis : là-bas, une vieille dame se fait enrubanner de scotch, tandis qu’un adolescent réticent se débat dans un papier bulle ; nos plus proches voisins sont des « Tableaux », et le petit groupe du fond a été réparti en « Antiquités » et en « Art Contemporain »…le tout dans une ambiance très sympathique!

Nous sommes ensuite entassés sur un monte-charges, et menés dans les différentes pièces, en commençant par le guichet où nous devons décliner notre identité. Quelle chance, nous avons la liberté de choisir! Je serai donc un Brancusi (excusez du peu!) tandis que le Rat Prof se définit comme une sculpture grecque (quelle modestie dans ce couple, décidément! ;))

© Léo Caillard et Alexis Persani

Après avoir été pris en photo, on nous conduit dans les salles de stockage aux normes, on nous explique quelques points de conservation (lumière, humidité), puis on nous dirige vers la salle de restauration. Là, c’est une toute jeune fille très intimidée qui prend le relais ; après le bagout des deux médiateurs précédents, force est d’avouer que ça casse un peu le rythme… Un petit passage par la bibliothèque, et nous voici déjà dans la partie dévolue à la présentation de certaines œuvres. On ouvre des tiroirs, on consulte des étiquettes…sans guide, cette fois.

La visite se termine, de façon un peu abrupte, dans un hall/boutique. Week-end d’ouverture oblige, les installations ne fonctionnaient pas toutes (le lecteur de CB en boutique, par exemple), et le personnel n’avait clairement pas été briefé sur tous les points. Nous sommes sortis de l’Artothèque un peu déçus : le concept est génial, et le début de la visite très attractif, avec un argument innovant qui aurait vraiment mérité d’être exploité jusqu’au bout…mais qui, justement, s’essouffle après deux présentations. On se doute, bien sûr, que les éléments les plus dynamiques de l’équipe ont été placés stratégiquement en début de parcours, laissant les moins à l’aise gérer la deuxième partie de la visite. Il est clair également que les délais limités ont joué contre les médiateurs de la structure.

J’aimerais beaucoup retourner à l’Artothèque pour constater les évolutions de ces derniers mois, et pour me plonger dans les ressources de la bibliothèque ; une bonne occasion également de découvrir certaines des structures de la ville qui, au moment de notre visite, étaient soit fermées (je pense au Musée des Sciences Naturelles ou au Beffroi, dans lequel il n’était pas possible de monter ce weekend-là), soit prises d’assaut par les touristes (le musée du Doudou).

J’espère que ce petit panorama de notre week-end montois vous aura donné envie de découvrir la capitale européenne de la culture 2015, avant l’attribution du titre à une autre ville ; pour nous, en tout cas, c’était vraiment une belle expérience!

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