Un matin au Centre Pompidou…

Cela fait un bout de temps qu’aucun nouvel article n’a été publié ici, mais le Rat a eu fort à faire ces derniers temps, sur le plan professionnel surtout! De bien belles opportunités, qui ne m’ont pas fait oublier le blog pour autant, mais ont limité mes excursions…

Aujourd’hui, je vous propose un article plutôt court par rapport à ma moyenne habituelle…je quitte la province pour vous emmener faire un tour au Centre Pompidou, non pas pour y découvrir les collections permanentes (même si elles feront forcément un jour l’objet d’un billet ici), mais pour vous offrir une incursion dans trois des expositions temporaires du moment ; trois univers extrêmement différents, trois totales (mais inégales) découvertes pour le Rat.

Au commencement étaient Julien Prévieux et ses Corps Schématiques : le lauréat du prix Marcel Duchamp 2014 présente une petite exposition installée dans l’Espace 315, principalement centrée sur les outils de mesure et d’évaluation de la société.

Petite salle, scénographie a minima, mais belle exploitation de l’espace, notamment divisé par une barrière de bois clair géométriquement ajourée. L’artiste utilise les fragmentations du quotidien pour le déconstruire quasiment en totalité : des interventions de la BAC dans le 14ème arrondissement aux déplacements d’un voleur à la tire, Julien Prévieux sublime les données analysées, les transformant en dessins nébuleux, vortex en toiles d’araignée fascinants de complexité, ou encore en sculpture d’acier brossé, d’une netteté lumineuse. Un petit bémol pour le film Patterns of Life, dont le cheminement tortueux déconcerte quelque peu le néophyte.

Changement de décor avec la rétrospective de Dominique Gonzalez-Foerster, sobrement intitulée « 1887-2058 » : le parcours est conçu comme un cheminement entre plusieurs univers aux transitions pas toujours subtiles, le visiteur navigant à vue entre cinéma, littérature et mode. D’un dressing à une bibliothèque de…briques et de broc, d’une chambre sommairement meublée à une pièce vert Brésil, on se laisse volontiers promener, sans nécessairement tout comprendre. Un peu trop d’introspection et de nombrilisme dans la démarche de l’artiste, au goût du Rat…Coup de cœur, cependant, pour l’installation très Kubrick d’un paysage au relief abrupt et désolé (Desertic, dans la série Chronotopes & Dioramas).

Fin de partie avec un (oserais-je l’avouer?) inconnu jusqu’alors, Wifredo Lam, et la très belle exposition divisée en cinq séquences chronologiques, qui lui rend un hommage on ne peut plus maîtrisé et mérité. Lam est né en 1902 : enfant de cultures métissées, partout exilé et pourtant partout chez lui, il évolue aux côtés des plus grands, travaille au coude à coude avec Matisse, Gris, Breton, Picasso surtout, dont l’influence cubiste est évidente dans certaines de ses lithographies. Initiateur d’un univers de fantasmagories, très surréaliste dans la démarche, il intègre néanmoins une dimension sociale prégnante, voire, dans certaines toiles, douloureuse. Les grands formats, dont certains travaillés comme en dripping, sont magnifiques ; mais les créations les plus fabuleuses restent à mes yeux les aquatintes, si précises, si fluides, si évocatrices. Les créatures hybrides qui y mènent sabbat ont dansé la nuit suivante dans les rêves du Rat!

Un beau bilan pour une matinée bien remplie, avant un rendez-vous professionnel au ministère de la Culture (le tout premier, pour la novice que je suis encore!), un Saint des Saints que le Rat a découvert avec émotion.

En conclusion de ce si court article, imiterai-je mes camarades blogueuses, qui publient beaucoup de wishlists en ce moment? Sur celle du Rat, point de RAL (Rouge à Lèvres pour les non-initiés 😉 ), ou de box en tout genre, mais, en vrac…du Munch à Amsterdam, de l’Osiris à l’Institut du Monde Arabe, à compléter avec un peu de Biennale lyonnaise (sans oublier le musée des Confluences, bien sûr!) et un zeste de bonne humeur du côté de Lille avec l’expo Joie de Vivre, et les merveilleuses collections du LAM ; je ne vous parle même pas de mes envies de sud, de MUCEM, de Chapelle de Vence ou de musée Soulages à Rodez…Quant à mon fantasme d’ailleurs, partagé par le Rat Prof, il se nourrit principalement de Royaume-Uni et d’Espagne en ce moment, mais ne rechignerait pas à dépasser les frontières de l’Europe…Affaire à suivre! 😉

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2 réflexions sur “Un matin au Centre Pompidou…

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