Un dimanche au musée de l’Homme…

Un Rat de Musée ne devrait pas avoir de préférences… et pourtant, je le confesse : aux établissements de Beaux-Arts et d’Histoire, je préfère l’ethnographie et les sciences naturelles. J’adore les présentations façon « cabinets de curiosités », l’amoncellement des artefacts tous plus intrigants les uns que les autres, mais aussi, dans les institutions plus modernes, les médiations inventives et innovantes qui exploitent nos interrogations et nous permettent d’interagir avec les collections. Ce mélange d’ancien et de moderne, et la liberté qu’il favorise, je l’ai retrouvé au musée des Confluences (l’article arrive très bientôt), mais aussi au musée de l’Homme dont j’ai décidé de vous parler aujourd’hui!

Comme tous les muséo-fans, j’ai suivi avec attention les péripéties de la réouverture de cette institution mythique située place du Trocadéro (l’une des plus belles vues sur la Tour Eiffel, au passage…et je le prouve!).

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De grands noms de la muséologie se sont succédé au Musée d’Ethnographie du Trocadéro, dès sa fondation en 1878 à l’occasion de l’Exposition Universelle : Paul Rivet puis Georges-Henri Rivière se sont attachés à y créer un espace didactique et dynamique, remplaçant les mannequins vieillots des origines par des présentations fouillées. Du Palais du Trocadéro à celui de Chaillot, quelques modifications architecturales plus tard, le Musée de l’Homme succède au MET. De 1938 aux années 2000, l’institution décline lentement : ses collections, héritées pour partie de la chaire d’anthropologie du Muséum d’Histoire Naturelle, sont transférées au Quai Branly lors de son ouverture en 2006. De 2009 à 2015, le Musée de l’Homme est demeuré fermé : mais derrière sa longue façade s’activaient en secret architectes et scénographes…

Le nouveau Musée de l’Homme a été inauguré en octobre 2015, et je ne vous cache pas que j’avais très envie de voir quelles surprises recelait la nouvelle muséographie (je n’avais jamais eu l’opportunité d’admirer l’ancienne présentation) : en ce froid dimanche, c’est pour une fois sans le Rat Prof, mais entourée de ma famille, que je pénètre au cœur de l’immense bâtiment.

L’œil du Rat :

SAMSUNG CAMERA PICTURESDès l’entrée, première surprise : l’escalier en deux volées brille de néons qui composent en toutes les langues une salutation au visiteur. Dans ce « musée-laboratoire » qui revendique les acquis des époques précédentes, trois questions se posent au visiteur, au fil du parcours muséographique : « Qui sommes-nous? D’où venons-où? Où allons-nous? »

Pour répondre à ces interrogations fondamentales, la scénographie déploie une palette numérique composée de dispositifs interactifs ludiques et surprenants, mais propose également des solutions de présentation originales : ainsi ces moulages de têtes présentés sur un grand pan vertical s’étirant du sol au plafond, cette reconstitution de cadavre de mammouth quasiment grandeur nature, et à demi dépecé, ou encore ces grandes vitrines occupant des pans de mur entier, à la manière des présentations ethnographiques des 18ème et 19ème siècles. Le spectateur déambule dans les grands espaces, très aérés et lumineux, mais peut aussi bien choisir d’explorer les « parenthèses », petits espaces plus étriqués et plongés dans la pénombre, qui abordent des thèmes précis, des pratiques divinatoires aux croyances liées à l’au-delà.

Les dispositifs interactifs méritent d’être plus amplement décrits : je les ai pour la plupart trouvés très pertinents et attractifs, mais pour certains, je me suis posé la question de la « gadgétisation » et de ses dérives, pas forcément très utile. Si le mur des langues a remporté mon adhésion totale (on « tire » littéralement sur les langues en plastique dépassant du mur afin d’écouter les dialectes les moins usités sur les cinq continents… l’un d’eux, le mand, n’est plus parlé que par huit personnes!), je me suis moins enthousiasmée pour la cabine permettant de déformer son visage pour retrouver les traits de nos lointains ancêtres Néaderthal, ou pour ce dispositif olfactif proposant de humer les parfums des différents riz cuisinés de par le monde (tous les mêmes pour moi… pas de chance!). Belle et poétique initiative, en revanche, ces bornes audio en forme de personnages, jeune femme enceinte ou matrone assurée, que l’on écoute parler comme on prêterait l’oreille à un inconnu désireux de se confier : ainsi ce vieil homme ridé, dont on ne voit que le buste, et qui nous incite avec une désarmante simplicité à passer la main sur son visage pour frôler ses rides…

Beaucoup de rencontres inattendues dans ce parcours permanent de la Galerie de l’Homme, à commencer par la Vénus de Lespugue, cette admirable statuette gravettienne en ivoire de mammouth, et, dans un autre registre, la célèbre momie péruvienne au corps entravé, dont les orbites caverneuses fixaient déjà les visiteurs du MET en 1882. Mention spéciale, enfin, pour la dernière partie, qui évoque le monde actuel et ses (possibles) évolutions futures. On y croise notamment le fameux bus sénégalais customisé par Pape Omar Pouye et El Hadj Saliou Kane, parfaite évocation de la diversité globale dans toute sa beauté colorée, riche de savoirs-faire et d’acquis cultuels et culturels uniques.

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Les réflexions identitaires (notre coque de téléphone customisée suffit-elle à affirmer notre différence?) se mêlent aux questionnements écologiques et technologiques : que penser de ce monde toujours plus artificiel et contrôlé, dans lequel il devient possible de créer des organes pour « réparer » les humains, mais qui, dans sa course aux mutations, génère des environnements nocifs et effrayants?

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Le + du Rat :

Au sortir de l’exposition permanente, ne pas manquer la section des « 100 objets pour représenter l’homme », exposés dans des casiers de verre, et l’exposition « Chroniques d’une renaissance », qui retrace l’histoire du musée et explore les démarches successives, tant sur le plan des collections que dans le domaine architectural.

Une renaissance réussie, en ce qui me concerne! Et vous, avez-vous eu l’occasion de vous promener au musée de l’Homme depuis sa réouverture? Et qu’avez-vous pensé de cette plongée au cœur de « l’odyssée de l’évolution »?

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Le Roi est mort!

Après un long week-end riche en découvertes, je trouve enfin le temps de me poser un peu et de vous parler de notre visite à Versailles! Le domaine royal est un endroit que je connais plutôt bien, du fait de sa proximité géographique avec la maison de mes parents ; ils nous y ont fréquemment emmenés, mon frère et moi, dans notre enfance, et j’ai eu l’occasion d’y retourner ensuite pour admirer les exposition d’art contemporain (Joana Vasconcelos notamment). C’était en revanche une première pour le Rat-Prof, et dans un contexte spécial : grâce à sa participation au MOOC (cours en ligne) organisé par le Château et Orange à l’occasion de l’exposition temporaire « Le Roi est mort », il a remporté deux pass pour l’intégralité du domaine, et bien sûr pour l’exposition. Hommage au tricentenaire de la mort de Louis XIV, « Le Roi est mort » a été dûment relayée sur tous les réseaux sociaux ; à noter aussi la réalisation d’un site qui apporte beaucoup d’informations supplémentaires (à découvrir ici).

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©Château de Versailles

Malheureusement, parc, jardins et Trianon étaient fermés à cause des violentes rafales de vent, qui soufflait en tempête ce jour-là : une petite déception dès l’arrivée, mais que nous avons vite surmontée en arpentant les corridors du château, en direction de l’exposition…

L’œil du Rat :

Le sujet (les codes et les rituels funéraires, le deuil à la cour…) ne me semblait pas très facile à traiter, et j’avoue que j’étais assez curieuse de découvrir le résultat. On pénètre dans l’espace d’exposition par un escalier tendu de noir, sur fond de musique funèbre, pour déboucher sur la première salle, occupée par un baldaquin également noir, sous lequel le corps était exposé pour y être veillé : une vision impressionnante, qui force le respect et l’humilité, et prépare le visiteur à son cheminement dans l’exposition.

Petit rappel du contexte : nous sommes en août 1715, Louis XIV a 76 ans ; une grande faiblesse, puis des rougeurs aux jambes, font hésiter les médecins sur la conduite à tenir…jusqu’à ce que l’on identifie une gangrène, qui progresse rapidement, et noircit tout le côté gauche du corps. Après 73 ans de règne, le Roi Soleil s’apprête à s’éteindre…

Les pièces suivantes (dix salles en tout), vont détailler les étapes, du diagnostic au décès, en passant par les improbables tentatives des médecins, et même des charlatans, pour sauver le Roi.leroiestmort (2) Une fois celui-ci prononcé mort, l’autopsie et la partition du corps débutent : entrailles, cœur et corps sont embaumés et transportés séparément, respectivement à Notre-Dame de Paris, au couvent des Jésuites et à la basilique de Saint-Denis. Le corps du Roi est accompagné aux flambeaux par un long cortège : son transport s’effectue de nuit, pour des raisons symboliques (le corps arrivant à la basilique au petit jour, symbole de résurrection) mais également (et c’est beaucoup moins poétique), pour éviter les transports de joie du peuple sur le passage du souverain décédé. Une effigie mortuaire est ensuite réalisée, pour la présentation du corps à la cour; quant aux funérailles définitives, elles ont lieu presque deux mois après la mort de Louis XIV, le 23 octobre 1715.

L’exposition se concentre ensuite sur le deuil, un moment très codifié avec des catafalques dressés partout en Europe (et jusqu’à Mexico!), les prières rituelles, et les tenues présentées en fonction du rang et de la proximité d’avec le défunt : du petit au grand deuil, en passant par le demi-deuil. Certains détails de l’habit sont spécifiquement conçus : ainsi les « pleureuses », les longues manches sur les habits des gentilshommes. Les couleurs ne sont pas forcément figées à l’époque : si les successeurs des monarques ont le privilège exclusif de porter le deuil en violet, les veuves des souverains ont longtemps hésité entre le noir et le… blanc!

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Le mobilier liturgique présenté ne provient pas uniquement de France, et nous avons ainsi pu admirer de très belles pièces d’orfèvrerie. L’exposition se conclut sur un bref panorama historique, qui permet de comprendre pourquoi certains rites ont continué d’être observés, notamment pour les obsèques de quelques présidents de la IIIème République (Sadi-Carnot ou Doumer, par exemple), ou de grands hommes comme Victor Hugo.

Le + du Rat : 

Une scénographie plutôt sympathique, avec quelques morceaux de bravoure, comme la reproduction de l’exposition du corps, l’immense vitrine présentant les attributs de pouvoir du défunt roi, et le « défilé des endeuillés », silhouettes de carton présentées sur une sorte d’estrade, avec des effets de profondeur, et dont le rendu était très didactique et intéressant. J’ai également apprécié l’ambiance sonore copiant celle du défilé funèbre (on se surprend à marcher au rythme du tambour!), qui conférait juste ce qu’il faut de solennité pour se sentir transporté aux funérailles du Roi Soleil. J’ai découvert beaucoup de rites que je ne connaissais pas, et même si j’ai trouvé certaines explications un peu trop diluées, le propos est vraiment bien illustré. Une bonne idée également, la diffusion d’extraits cinématographiques (« Si Versailles m’était conté », de et avec Sacha Guitry, notamment). Seul point d’interrogation : les cartels et les panneaux ne sont pas du tout traduits en anglais, en dépit de la fréquentation internationale de Versailles (d’après nos observations, 60 à 70 % des visiteurs de l’exposition ne parlaient pas français).

« Body Worlds » : cadavres exquis?

Un titre un peu énigmatique pour un article que j’ai hésité à écrire, car il me forçait à sortir de ma zone de confort pour me confronter (et VOUS confronter, mes lecteurs de plus en plus nombreux) à un tabou ancestral de l’humanité : la mort. Cet article n’est pas conçu pour choquer, mais pour témoigner de ce que le Rat Prof et moi avons expérimenté ; cependant, les photos qui l’illustrent ont un caractère troublant dont j’ai bien conscience. Je vous invite à faire demi-tour si vous êtes impressionnable et ne souhaitez pas vous confronter à des images de corps « préservés ».

Fin de notre « Museum Trip », et dernière matinée à Amsterdam : profitant des quelques heures qui nous restent avant le départ du Thalys, nous flânons dans le centre-ville et tombons, dans l’artère principale, sur une devanture rose. Ce n’est pas un énième sex-shop, mais l’une des attractions amstellodamoises les plus fréquentées par les touristes en quête de sensations : l’exposition « Body Worlds, The Happiness Project », qui présente en fait des… corps humains préservés, et mis en scène. Payer (cher) pour voir des cadavres? Cela ressemble au fantasme d’une personne un peu déséquilibrée, et pourtant, nous n’avons pas beaucoup hésité.

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Oui, ceci est un cerveau.

Je me souvenais d’avoir entendu parler de ces expositions mises en scène par le professeur Von Hagens, l’auteur de la technique de la plastination, soit la préservation d’un corps auquel on a ôté tous les facteurs de putréfaction, notamment les liquides et la graisse, remplacés par ce qui s’apparente à un plastique coloré (résine d’époxy ou silicone de caoutchouc). Ces cadavres « propres », inodores et facilement manipulables grâce à la souplesse préservée des tissus, peuvent ainsi se conserver pendant des centaines d’années ; un processus auparavant inconcevable, quand bien même on aurait plongé le corps dans une cuve de formol.

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Si le nom de Von Hagens vous est peut-être familier, c’est aussi à cause de l’immense controverse qu’a soulevé le passage, puis l’interdiction en 2010 de son exposition « Our Body, à corps ouvert » sur le territoire français. On soupçonnait à l’époque le professeur « savant fou » d’avoir utilisé les corps de condamnés à mort chinois pour ses présentations. Étudiante en Master 2 en 2013, j’avais étudié ce cas dans un cours de législation des œuvres d’art, et je me souviens que le sujet n’avait laissé personne indifférent : devait-on considérer les cadavres comme des biens matériels ou respecter l’identité, même post-mortem, des individus? Au-delà des réticences des différentes communautés religieuses, devait-on qualifier une telle exposition d’indécente ou s’attacher au contraire à en percevoir la portée pédagogique?

L’Institut de plastination de Gunther Von Hagens, situé à Heidelberg en Allemagne, a ouvert en 1993 (la technique de la plastination a été mise au point dans les années 1970) et emploie aujourd’hui 250 personnes : un vrai business, qui alimente d’autres expositions déclinées partout dans le monde, approvisionne facultés et laboratoires, et surtout se nourrit des psychoses du 21ème siècle, en proposant à des individus lambda de préserver leur enveloppe corporelle après leur décès.

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Ça ne vous fait pas penser à quelque chose?

L’œil du Rat :

« Body Worlds, the Happiness Project », est donc l’une des mises en scène imaginées par le professeur Von Hagens, qui se définit lui-même comme un « artisan anatomique ». Le but de cette expo permanente? Éduquer les foules (plus de 40 millions de personnes dans le monde auraient déjà visité l’un des « shows » de Von Hagens) en décortiquant le corps humain sous toutes ses coutures, et en rendant visible des particularités anatomiques dont nous n’avons habituellement aucune connaissance… mais aussi, et c’est là où le bât, à mon sens, blesse un peu, mettre en avant le côté esthétique, en disposant les corps comme autant d’œuvres d’art « naturelles ».

L’exposition se déroule sur plusieurs niveaux, chacun abordant une thématique différente, de la nourriture aux maladies en passant par le sexe. Passé le premier choc (on est quand même accueillis par une tête coupée en deux…), on se prend très vite au jeu. La fascination est là, même pas morbide, puisque les « cadavres » n’en ont finalement que peu l’apparence : les organes sont décollés pour mieux être mis en valeur, la peau soulevée dévoilant les rouages de cette formidable machine qu’est le corps humain. Pour contribuer à dédramatiser la présentation, des pôles ludiques sont mis en place ici et là : des vélos pour encourager à développer son activité physique, des machines pour prendre soi-même sa tension, ou encore des balançoires… entre prise de conscience et expériences résolument « fun », le ton est donné.

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Le recul du visiteur devant la paire de poumons noircie du fumeur est rapidement oublié quand on nous présente une vitrine pleine de chocolats. Des cellules cancéreuses dévorant un foie nous choquent? Qu’à cela ne tienne, on proposera dans la foulée un tableau interactif sur lequel écrire ce qui nous a rendu heureux aujourd’hui! Rien ne doit être trop grave, trop choquant ; le côté « morbide » de toute l’affaire est systématiquement contrebalancé par les positions des sujets plastinés, exposés en train de jouer du saxophone ou de sauter une clôture.

Le + du Rat:

J’ai appris énormément de choses en quelques deux heures d’exposition ; j’ai apprécié les nombreux panneaux explicatifs qui pour autant ne sont pas trop chargés, et adoptent une posture très didactique sans tomber dans une tentante vulgarisation. J’ai également trouvé excellent le choix d’intégrer au pôle « nourriture » quelques photos du passionnant reportage de Peter Menzel, « Hungry Planet : What the World Eats ».

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©Peter Menzel

En revanche, gros recul dans la partie « sexe » et « reproduction », et cela n’a rien à voir avec le puritanisme : les fœtus à différents stades de croissance m’ont bouleversée (je n’ai pas réussi à savoir s’ils étaient réels), et surtout, j’ai trouvé profondément choquant de placer deux sujets plastinés en situation de relation sexuelle en ajoutant au sujet féminin une paire de cuissardes et des faux cils outrageusement maquillés.

Pas de regret pour cette visite, malgré le tarif (20€ par personne!) et la logique évidemment commerciale qui sous-tend toute l’entreprise ; on apprend beaucoup sur le fonctionnement de notre corps, et on fait des découvertes fascinantes : pour autant, le terme d’exposition ne me paraît pas tout à fait convenir (un petit problème d’éthique, dites-vous? Même si les corps présentés sont certifiés provenir de donateurs consentants, je n’arrive pas à me départir d’un petit malaise…). Je qualifierai plutôt l’entreprise de Von Hagens de « show scientifique ». Quant à la logique bienveillante et un peu paternaliste qui constitue le fil conducteur de la présentation, dans la lignée des recommandations de l’OMS (Faites du sport! Ne mangez pas trop gras, trop salé, trop sucré! Soyez heureux!), elle agace bien un petit peu, mais on s’y habitue rapidement.

Et vous, qu’en pensez-vous? Auriez-vous payé pour voir des cadavres? La démarche vous choque-t-elle ou vous apparaît-elle susceptible de faire progresser la connaissance?